Auteur

À propos

Barnabé est né de mon imagination il y a bientôt une quarantaine d’année. D’emblée il a été conçu comme un personnage de comic strip. L’idée de le mettre en scène dans des gags limités à une seule bande horizontale vient de mon admiration pour cette forme d’expression héritée de la tradition des funnies publiés dans la presse américaine. C’est en découvrant Peanuts, la Tribu Terrible et Hagar Dunor que l’idée de dessiner un comic strip m’est venue. Après quelques tentatives de dessin infructueuses, j’ai abandonné le projet, puis j’y suis revenu il y a une vingtaine d’année, sans trouver le style que je voulais pour Barnabé…

J’ai continué à crayonner, inlassablement, à réfléchir sur le personnage, à envisager son développement, ses possibilités d’écritures, son positionnement dans un décor, une époque. De fait le personnage a vieilli avec moi, j’ai lu et étudié les grands maîtres de la bande dessinée de presse, et finalement à l’automne de ma vie je me lance et je débute enfin l’aventure.

Utiliser un personnage de bourreau n’est pas anodin. C’est un personnage qui permet d’envisager une forme d’humour noir qui risquait de montrer assez vite ses limites. Mais, m’inspirant de ce que Parker et Hart on fait de Wizard of Id, ou de BC, j’ai décidé de créer un monde imaginaire, anachronique qui serait prétexte à une approche satirique de notre société. Le bourreau devient alors un personnage sans visage, une sorte de rouage dans une mécanique sociale.

Voilà donc un personnage purement littéraire, car les vrais bourreaux n’étaient pas masqués, chargé de nous renvoyer à nos propres consciences en face des jugements de toutes sortes, des normes (sociales, religieuses, politiques), de notre rapport à la violence, à la punition. La lecture de Surveiller et Punir, de Michel Foucault, combinée à celle d’Eichmann à Jerusalem : Rapport sur la banalité du mal d’Anna Arendt m’ont permis de prendre conscience de la voie délicate qu’il y avait d’emprunter ce chemin.

Il ne s’agit pas ici de représenter le supplice, la violence, la contrainte des corps dans une mise en scène ambiguë, mais bien par l’humour de désamorcer les enjeux. Ici les coupables ont l’air innocents et les innocents sont parfois simplement victimes des circonstances. Avant tout, ils nous ressemblent tous, ces bourreaux comme les victimes, car nous sommes tous, à la fois l’un et à la fois l’autre. Il se met à l’œuvre, j’espère, un phénomène empathique, à l’égard de tous les protagonistes.

Barnabé c’est aussi un univers structuré, avec des points de repère invariables, un décor urbain en carton pâte, une prison, des cellules, des boulets qui parlent, un garde qui tel Sisyphe, apporte inlassablement de nouveaux prisonniers qui nous renvoient à nos propres aliénations quotidiennes. Un tribunal qui rend des sentences, une Inquisition qui tranche des conflits dogmatiques, des juges à la fois humains ou absurdes, des avocats tels qu’on en croise sur les plateaux télés, des anachronismes qui achèvent de nous renvoyer au présent.

Barnabé c’est aussi son fils, l’héritier dont l’atavisme visuel le condamne à son destin, enfant en surpoids dont les parents voudraient la santé quand tout incline vers la consommation-plaisir. Barnabé c’est aussi une épouse, féministe et en éternelle lutte contre son statut de « femme de » aspirant à une forme de libération…

C’est tout le paradoxe de Barnabé, qui de sa prison vous apportera, je l’espère, un moment d’évasion.

Résumé

Barnabé est un bourreau. Sa femme également mais elle se spécialise dans la formation professionnelle et le management. Leur fils, qui souffre de surpoids se destine lui aussi à la carrière. Barnabé est aussi gardien de prison, et les détenus se succèdent, parmi eux, un chat qui parle et philosophe sur la condition des chats et parfois sur la condition humaine. Il y a aussi une auberge qui est un lieu de confidence entre l'aubergiste et les vague à l'âme de notre héros.

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